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Notre histoire

La fondation des Forges de Montréal

Après avoir passé 4 ans en France en tant qu'apprenti des maîtres forgerons Serge Carvalho (ferronnier d'art), Henri Sabatier (coutellier arquebusier) et André Maltaverne (taillandier et forgeron mécanique), Mathieu Collette est revenu au Québec avec l'idée de fonder Les Forges de Montréal, aidé par son père, Pierre Collette. Mathieu tenait à retransmettre son métier en voie de disparition en créant une école de forge et un lieu de préservation du patrimoine immatériel. Ils ont ainsi entièrement restauré et réhabilité l'ancienne station de pompage Riverside pour s'y installer, et en 2000, l'organisme était fondé.

Au fil des années, la famille des Forges s'est étendue, regroupant aujourd'hui artisanes et artisans, bénévoles, forgerons, employé.es et conseil d'administration. En plus d'être un musée, l'atelier, en constante évolution, sert d'école, de lieu de partage, de centre de recherche sur la forge traditionnelle et d'atelier de création d'objets et d'outils durables, authentiques et écoresponsables. 

Notre combat

En 2016, Les Forges de Montréal ont reçu un avis d'éviction leur demandant de cesser leurs activités dans la station de pompage Riverside. Elles ont ainsi commencé une campagne de mobilisation avec le soutien des citoyens de Montréal. Après une pétition et 40 lettres de soutien international, les Forges ont gagné leur combat contre l'avis d'éviction. 

Le documentaire Fondations de Olivier D. Asselin, tourné durant 4 ans et projetté pour la première fois en 2019, raconte d'ailleurs les hauts et les bas de l'organisme durant son combat avec la Ville. En 2019, l'histoire n'était cependant pas finie. Le développement du secteur Bridge-Bonaventure et l'idée du stade de Stephen Bronfman menaçaient la station Riverside. Une deuxième campagne de mobilisation a ainsi été mise sur pied, et les acteurs du secteur se sont rejoint afin de rédiger une consultation publique, qui indiquait à la mairesse Valérie Plante les besoins des artisans et commerces installés dans le secteur. La pétition «Signe pour la forge» a également été lancée, amenant le public à supporter les Forges de Montréal dans leur deuxième combat pour rester dans la station Riverside. En 2020, la mairesse demande à Mr Bronfman de repenser son stade afin qu'il corresponde aux besoins des acteurs du secteur et qu'il ne menace pas ces derniers, s'il désire l'installer à cet endroit.

Pour voir l'histoire de l'organisme en détail, cliquez ici.

Mathieu Collette, 2019

Prix et mentions spéciales

2017 : Le Grand prix Savoir-faire a été remis aux Forges de Montréal pour leur maîtrise de la pratique de la forge traditionnelle, l'«implantation d’un atelier mettant en valeur un métier ancestral dans un lieu emblématique montréalais», et pour leurs formations offertes au public afin de retransmettre ce patrimoine.

2019 : Le conseil municipal de la ville de Montréal déclare la forge traditionnelle comme patrimoine culturel immatériel montréalais. Lire la déclaration

2019 : Obtention de l'accréditation officielle comme organisme formateur par le Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. En savoir plus

2020 : accréditation des Forges de Montréal comme ONG par l'UNESCO. Nous pouvons maintenant être consultés et donner notre avis sur des dossiers de candidatures du patrimoine immatériel dans le domaine de la forge!

De gauche à droite : Allan Rozon, Ivan Savchev, Romain Francès, Mathieu Collette, Kayla Williamson et Martin Claudel, forgerons-collaborateurs et amis des Forges de Montréal. 2017

Les Forges de Montréal, une affaire de famille

Pour Mathieu Collette, la forge n'était pas seulement une passion ou un métier : elle représentait le patrimoine immatériel de nos ancêtres, une voie de production écoresponsable et durable, et un lègue aux générations futures. La forge traditionnelle a d'ailleurs fait partie intégrante de la famille de Mathieu, qui descend d'un lignée de forgerons et d'artisans. 

Son père 

Pierre Collette, architecte de l'Ordre des architectes du Québec, a restauré l'historique église Notre-Dame du Très Saint-Sacrament, durant les années 80, avec l'architecte Paul Goyer. Construite en 1892 et passée au feu en 1982, l'église a été restaurée avec ingéniosité et grand respect pour le patrimoine bâti. Les deux architectes n'ont utilisé que les techniques traditionnelles, comme dans la création de nouveaux vitraux faits-main, avec les mêmes techniques qu'au 19 ͤ  siècle. Ils ont d'ailleurs gagné le prix Habitas pour la qualité de la rénovation et de la restauration du bâtiment historique.

Le grand-père de Pierre, Adélard Collette (1893-1975), était tisserand et représentant syndical, installé sur la rue Alexandre, à Sherbrooke. Il a fondé la coopérative de construction des maisons des Collette afin d'offrir à chacun de ses huit enfants une maison dont ils seraient propriétaires. Il a ainsi construit huit maisons, accompagné de ses six fils et deux gendres. Ces chantiers agissaient non seulement comme formations afin d'enseigner les métiers de menuisier, charpentier et maçon aux travailleurs, mais servaient également à démontrer qu'il était possible pour une communauté de produire ses propres biens et d'en devenir propriétaire. Aujourd'hui, la rue sur laquelle il vivait s'appelle la rue Adélard-Collette. 

Étant sensible à la cause des artisans québécois, Pierre Collette a co-fondé Les Forges de Montréal avec Mathieu, s'occupant du volet architectural de la restauration de la station de pompage Riverside. Il est maintenant vice-président du conseil d'administration de l'organisme. 

Sa mère

La mère de Mathieu, Lyne Goyer, est descendante d'une longue lignée de forgerons. Si son père Paul Goyer était architecte, c'est sa mère, Aline Robichon, qui appartenait à la famille des forgerons qui ont bâti et travaillé aux Forges du Saint-Maurice. Descendants de la famille Robichon de Bourgogne, ils sont immigrés en Nouvelle-France afin de forger et réparer les outils nécessaires à l'installation des colons français. Cette longue lignée de forgerons a grandement influencé Mathieu, qui ressentait une appartenance très forte à ce métier. 

Familles de Lyne Goyer et Pierre Collette, 1968
Aline Goyer, Fernando Collette, Lyne Goyer, Pierre Collette, Georgette Gauvin et Paul Goyer, 1968

Ses enfants

Maya et Samy Labrie-Collette, les deux enfants de Mathieu Collette, travaillent également aux Forges de Montréal. Depuis leur enfance, Mathieu Collette leur enseignait les rudiments du métier, que ce soit en imitant la création du damas avec de la pâte fimo ou en les amenant, un peu plus vieux, forger leurs premiers couteaux à l'atelier. Ils ont très rapidement compris l'importance de la mission des Forges, et s'y impliquent aujourd'hui, Maya en tant qu'adjointe administrative et responsable des communications, et Samy en tant que photographe et créateur de contenu audiovisuel.